2009

LA VIE PROTESTANTE. avril 2009

Les derniers rêves de Poupin
On connaissait le pianiste de jazz. On découvre un amoureux des couleurs et du monde qui l'entoure. Le troisième opus de « Rhythm n'dream » est à limage de son auteur, inclassable et généreux.
Poupin est décidément un gars pas ordinaire ! A l'heure où la plupart des pianistes de jazz s'orientent vers un minimalisme très «fashion», lui nous fait visiter le monde à sa façon, via de riches compositions que ne renieraient pas des gens comme Hancock ou, plus suisse, Thierry Lang. Comme ce dernier, Poupin ne cherche en rien l'esbroufe ou le clinquant. Tout de subtilité, c'est sans doute ses rêves qu'il nous fait partager, ses rencontres qu'il nous offre, ses amis Prokofiev ou Satie qu'il nous présente. Rarement classiques et jazzmen ont fait si bon ménage, avec, excusez du peu quelques clins d'œil à Gainsbourg.

Comme dans un film
Inspiré permanent, Poupin a cette particularité, à l'inverse de beaucoup, d'aller faire un tour du côté d'ailleurs, et d'y puiser des couleurs que lui seul, avec sa sensibilité si riche de non-voyant, sait au final retransmettre avec générosité et pudeur, nous faisant découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux espaces, de nouvelles planètes. Peu importe comment, il a beaucoup voyagé, Poupin, beaucoup. Cela se sent !
Subtilement épris de liberté, l'artiste sait pourtant s'entourer. Ainsi Sylvain Fournier, à la batterie, mais également signataire d'un petit
bijou nommé «Kujira», et Stéphane Fisch, lyrique comme à son habitude, permettent au soliste la possibilité de toutes les extravagances. Leur influence est bénéfique et certaine.
Et pour peu que Poupin, histoire de nous surprendre, se mette à l'accordéon l'instant d'une ballade, il ne manque en fait à ce double album que les images, comme dans ces films dont on finit toujours par regretter le mot fin.
D.L.B
«Rhythm'n Dream vol 3», Jean-Yves Poupin Trio, distRibution Plainisphare. Disponible chez Disco-Club Genève.

2009 TRIBUNE DE GENEVE, 2 janvier 2009
Et de trois pour Jean-Yves Poupin
JAZZIntensité mélodique, swing énergique ou sensuel, beauté des compositions: on retrouve dans ce double album de Jean-Yves Poupin, le troisième de la série Rhythm’n Dream, toutes les qualités qui faisaient le charme des deux premiers. Entouré du bassiste Stephane Fisch et du batteur Sylvain Fournier sur la moitié des titres, le pianiste genevois poursuit sa quête d’un jazz accessible, coloré et immédiatement séduisant. Il y parvient sans peine. Commandes
sur www. jazzyvpoupin. com. A noter que le trio de Jean-Yves Poupin donnera un aperçu de son nouveau disque vendredi 16 janvier à 21 h 30, dans la salle de concert de l’AMR, rue des Alpes 10. (billets à l’entrée).
2008

VIVA LA MUSICA, AMR-Genève, Décembre 2008
Nicolas Lambert
Des rythmes et des rêves: l’expression résume assez bien le procédé. Le pianiste compose ainsi une trentaine de personnages, les habille de manière colorée, métisse les tendances, avec un certain penchant pour les modes arabisants.
De l’autre main, il leur donne une démarche suffisamment typée pour crever l’écran des films imaginaires dont ils sont les héros – courts métrages plutôt, car la brièveté y est d’une importance capitale.
J’applaudirai donc surtout le compositeur, dont on devine le goût du calembour à l’écoute de ces créatures sorties des côtes que l’on se tient, caractères si caractéristiques que leurs silhouettes demeurent un moment dans la salle après leur tirade. Les thèmes ont ainsi toujours des rôles importants, tant dans la mise en scène pointue de
l’exposition que dans les improvisations qui lui tournent autour, lui sont co-notées.
Ce troisième volet est en fait un diptyque où trio et solo s’échangent quelques morceaux comme pour équilibrer le ying et le yang. Le disque en trio, qui bénéficie de l’amabilité fidèle de Stephane Fisch (contrebasse) et de l’imagination fertile de Sylvain Fournier (batterie, percussions), met plus en valeur ces richesses : on retient par exemple une Valse pour Chico tarabiscotée, montage fou de jazz monkien, de classique expressionniste et de musique brésilienne, où la caisse claire chorusse en redoutable mitraillette polyrythmique. Ou encore, toujours à trois pas, la nostalgie musette et le sourcil relevé de l’accordéon, qui comme un deuxième clavier avec lequel
jouer simultanément donne un écho original au piano. A tout azur est de ceux qui affichent un bleu bluesy, déphasé et grotesque. Quelques images fortes aussi comme ces cris de baleine disparue, sauvés du kitsch sentimental d’un documentaire par quelques dissonances, ou le chant solaire de Bossanita. Mais la palme revient sans doute au titre éponyme, mélodie sifflotée au piano, légère, fraîche, mutine, pleine d’esquives et de parcimonie.
Le disque solo suit, quant à lui, davantage le cours des pensées du pianiste, et est en cela plus guetté par une forme d’onanisme propre à l’instrument. Les sources y sont toutefois variées : le caprice d’une habile parodie de Prokofiev, un Mysterioso en jeu de résonances, tâtons téméraires et cordes graves à faire vibrer Thelonious, Gainsbourg et Satie réconciliés.
Au final, le rideau se ferme, s’entrouvre encore un peu pour laisser guigner un petit blues foufou, qui termine en quinte... de toux.
Contact: jazzyvpoupin.com
Enregistrement: Alzac Studio - www.alzac.ch

2008

LE COURRIER, mercredi 12 novembre 2008
Un Poupin peut en cacher un autre

Coup double pour Jean-Yves Poupin: comme pour se faire pardonner de nous avoir fait patienter quatre ans depuis le parution de son dernier opus, le pianiste sort un généreux double CD toujours intitulé Rythm' n Dream – comme les deux galettes précédentes –, logiquement sous-titré «volume trois».
Cette constance dans les titres de ses albums n'est heureusement pas, chez Poupin, le signe d'un manque d'inspiration. Ce troisième recueil marque au contraire l'évolution sensible d'un style qui ne se cantonne pas au jazz, mais déborde sur la chanson, les rythmes latins ou encore la musique classique du XXe siècle.
Fort de cet héritage, Poupin rend en solo, dans la seconde galette de ce diptyque, un hommage explicite à ses maîtres. «Allusion fugitive» à Prokofiev, petite valse d'Erik Satie, détours du côté de Gainsbourg ou de Thelonious Monk: loin de brider la verve du pianiste, ces inspirateurs lui permettent de savourer à fond sa liberté de soliste et de signer des improvisations très personnelles; une manière pour lui de dévoiler le versant le plus intime de son art sous le patronage des glorieux aînés. La face la plus radieuse de notre Janus des claviers est exposée sur le premier CD, où l'on retrouve un Poupin expansif, amateur de calembours et de jeux de mots, que le Vendéen sait traduire en musique par de subtils jeux de notes, à l'exemple du morceau-titre qui ouvre l'album. Cette première partie permet aussi d'apprécier les qualités du Poupin Trio in corpore et de découvrir le nouveau batteur Sylvain Fournier
dans ses œuvres, poussant son patron vers de nouveaux horizons sur un titre de sa composition, «Kujira». Avec le fidèle et lyrique Stéphane Fisch à la contrebasse, Jean-Yves Poupin s'en donne à cœur joie sur ce premier CD, changeant les tempos en cours de route («Stratosphère») ou variant les mesures avec une prédilection pour les rythmes à trois temps. Bref, un véritable festival du Trio Poupin. On l'aura compris, le dernier né de la trilogie Rythm'n
Dream sollicite le plaisir le plus direct, l'émotion la plus spontanée de ses futurs auditeurs.

MICHEL PERRITAZ
Culture

Poupin Trio, Rythm n' Dream vol.3 distribution Planisphare.
Ce soir de 18h à 22h, concert-vernissage au Château Carton,
5 rue Dizerens, Genève.

2004

TRIBUNE DE GENEVE, décembre 2004
Poupin Trio
Trois ans après un premier album très réussi, le trio du pianiste genevois Jean-Yves Poupin récidive en beauté. Voici donc Rhythm'n Dream Vol. 2, CD auto produit où Poupin, piano, Stéphane Fisch (contrebasse) et Laurent Wyler (batterie) déploient un swing cossu mâtiné parfois de tango, reggae, funk...
On peut se procurer l'objet sur www.jazzyvpoupin.com


LE COURRIER, vendredi 10 décembre 2004
Jean-Yves Poupin récidive en trio
Le pianiste vendéen persiste et signe: «Rythm'n Dream vol. 2», nouvel album entre ballades rêveuses et swing dansant, est verni lundi à Genève. Le Poupin nouveau est arrivé! Un événement dans la mesure ou le pianiste, Genevois d'adoption, prend son temps avant de sortir un nouvel opus - en moyenne trois, quatre ans. Une attente qui n'est sans doute pas due à la recherche d'un titre original, ce nouveau CD autoproduit étant intitulé sobrement Rhythm'n Dream vol. 2. Il fait suite à un premier tome paru en 2001 et enregistré avec les mêmes musiciens, Stéphane Fisch à la contrebasse et Laurent Wyler à la batterie, Poupin à la barre. Côté musique, l'inspiration est bien au rendez-vous, Poupin réussissant la gageure de varier le propos tout en laissant son empreinte sur la musique: qu'il improvise sur un rythme reggae, tango ou rumba, le style fluide de notre homme est identifiable à chaque mesure.
Le CD tient ainsi les promesses de son titre: il offre la dimension onirique, typique du style Poupin, mâtinée de rythmes riches et variés.
Nonchalant...
Au total, huit compositions signées Poupin - Fisch et Wyler signant ou cosignant un titre chacun - avec en sus une magnifique relecture de «African Flower» de Duke Ellington. Et au terme de 51 minutes d'un swing rêveur et nonchalant flotte encore un petit air de reviens-y; le temps de débusquer toutes les finesses cachées de ce disque particulièrement recommandé pour adoucir les longues soirées d'hiver.
MICHEL PERRITAZ
Culture

Poupin Trio, Rythm'n Dream vol. 2. Vernissage «live» lu 13 décembre,
de 18h à 22h au magasin Disco Club, 22 rue des Terreaux-du-Temple, Genève.
Mardi 14 à 19h, en direct dans «Radio Paradiso» sur RSR La Première.

2002

VIVA LA MUSICA. Janvier 2002
Jean-Yves Poupin "Rythm'n Dream" Trio
Le pianiste Jean-Yves Poupin travaille la tradition du jazz et des standards dans une vocation non académique. Il considère ces musiques comme un tremplin, un rêve dont il tire ses "hallucinations" (titre de son premier disque en solo) et de fécondes collaborations avec la scène suisse et européenne. Disciple d'Epicure, Poupin refuse les étiquettes et fait miroiter le versant ludique et latin de l'improvisation, faisant feu de tous les rythmes et composant son propre répertoire de mélodies et thèmes ciselés. En compagnie du bassiste Stéphane Fisch et du batteur Laurent Wyler, il crée le Rythm'n Dream Trio qui vient de publier son premier disque...
A écouter: Jean-Yves Poupin Trio "Rythm'n Dream" (Doron Music DRJ 1011, 2001)


JAZZ NOTES, Janvier 2002
On ressent une atmosphère toute particulière devant ces thèmes originaux, où l'on sent toute la personnalité du pianiste, bien soutenu par les deux autres. C'est très frais, avec des rythmes bien étudiés. Un univers très personnel, que ce trio met particulièrement en évidence et qui, de ce fait, le rend très attachant.


24 Heures, 18 janvier 2002
Poupin Trio Rhythm'n'dream, Doron Jazz DRJ 1011
Du vrai jazz, solide et charpenté, sans artificielles audaces: Poupin a vaincu la peur et n'a donc pas besoin de provoc, il lui suffit de se donner tout entier à la musique qui l'engouffre et nous emmène à notre tour. Il peut compter sur la connivence d'une rythmique dévouée, deux autres Genevois, Stéphane Fisch et Laurent Wyler. Le premier, basse électrique convaincante, veloutée et ferme, discrète juste ce qu'il faut, renonce aux virtuosités démonstratives pour se mettre au service de la ligne Poupin, tout comme la batterie du second, qui soutient, souligne le trait, n'en fait jamais trop. Du swing, de l'allant, de plaisantes inventions: du rythme et du rêve, la promesse du titre est tenue avec bonheur. Le moment est fort plaisant, on attend le prochain opus avec espoir. Jacques Poget


LE COURRIER, Genève, Juillet 2001
Poupin Trio Rhythm'n'dream, Doron Jazz DRJ 1011
Un répertoire composé principalement d'originaux signés Poupin.
Au programme, un jazz épicé, plein d'humour, de connivences et de clins d'œil.